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1.  La réécriture de l’histoire de la Shoah

En novembre 2013, Ken Loach, dans une interview publiée dans le New Internationalist explique avoir été sensibilisé à la cause palestinienne par la réalisation en 1987  de la pièce de théâtre « Perdition » de Jim Allen: « Cela a commencé il y a quelques années quand j'ai participé à la création d'une pièce intitulée «Perdition». C'était une pièce de théâtre sur le sionisme pendant la Seconde Guerre Mondiale et sur l'accord conclu entre certains sionistes et les nazis. Il a apporté une nouvelle lumière sur la création d'Israël et la politique du sionisme. J'ai alors pris conscience que la fondation d'Israël était fondée sur un crime contre les Palestiniens. »

Le thème de « Perdition » concerne Rudolf Kasztner, un Juif roumain socialiste et sioniste qui avait accepté de négocier avec Eichmann durant l'été 1944 pour tenter de sauver les Juifs hongrois dont la déportation avait commencé en avril. Eichmann s’était dit prêt à «vendre» un million de juifs contre 10 000 camions militaires destinés au front de l’Est.

Les négociations ont échoué devant le refus des Britanniques qui considéraient que le Reich n'avait plus un million de Juifs et qu’il s’agissait en réalité d’une manoeuvre pour susciter la méfiance des Soviétiques et briser la coalition alliée.

Devant ce refus, Rudolf Kasztner n’a pas voulu abandonner et est revenu à la charge, proposant de payer une rançon pour chaque vie juive sauvée. Il obtiendra l’affrètement d’un train de 1684 passagers juifs qui partira « vers la Suisse » après le versement de la rançon,  le 30 juin 1944. Le train n’arrivera jamais à destination, les nazis le détournèrent vers le camp d'extermination de Bergen Belsen, où les survivants furent libérés par les armées alliées. 

Après la guerre Kasztner, que Oskar Schindler considérait comme « l'homme le plus courageux qu'il ait rencontré », émigra en Israël où un procès diffamatoire fut intenté contre lui. Kasztner fut acquitté par la Cour Suprême israélienne de l'accusation jugée calomniatrice de collaboration avec les nazis. La Cour justifia son jugement en expliquant que la seule motivation de Kasztner avait été le sauvetage du plus grand nombre possible de juifs hongrois et que cela ne pouvait en aucun cas être considéré comme de la collaboration.

L’affaire aurait pu en rester là mais Jim Allen et Ken Loach n’ont visiblement pas partagé l’avis de la Cour. Ils firent de Rudolf Kasztner l’image emblématique du «sioniste » collaborant avec les nazis dans l’extermination de son propre peuple dans le but de faciliter la création d’un Etat juif.

Dans un interview en septembre 2017 à la Revue-Ballast , Ken Loach persiste et signe: 

Question de Revue-Ballast: "Vous êtes, par ailleurs, pointé du doigt depuis votre pièce Perdition, à la fin des années 1980. Estimez-vous qu’il soit plus difficile aujourd’hui d’afficher sa solidarité avec le peuple palestinien ?"

Réponse de Ken Loach: "La pièce « Perdition » que vous évoquez a été écrite par Jim Allen, un grand socialiste, un magnifique écrivain et un homme issu de la classe ouvrière de Manchester. Il a écrit cette pièce en s’inspirant d’événements qui se sont déroulés en Hongrie juste avant la Seconde Guerre mondiale. Rudolf Kastner, partisan du mouvement sioniste, avait passé un accord établissant que certains Juifs seraient autorisés à s’échapper en montant à bord de trains pour partir s’installer en Palestine et que des milliers d’autres devraient prendre des trains en direction des camps d’extermination, sans connaître leur destination finale. La pièce était un débat autour de ces événements. Le fait même d’aborder le sujet nous a valu des attaques. On a été accusés d’antisémitisme, de racisme et de légitimation de meurtres rituels, vieux de plusieurs siècles". 

Sans remord ni hésitation, Ken Loach reprend le thème de la collusion entre les dirigeants nazis et sionistes, ce que l’historien Rich avait décrit comme un « mensonge stalinien ».

Les propos de l’auteur de la pièce, Jim Allen, sont encore plus explicites et ne laissent guère de place au doute quant à l’idéologie véhiculée par « Perdition », celle qui a ouvert les yeux de Loach sur la nature du sionisme : « Sans humilité excessive, je dis que c’est l’attaque la plus létale jamais écrite contre le sionisme, car elle touche  au coeur du mythe le plus durable de l’histoire moderne : l’Holocauste, le fait que des leaders juifs privilégiés ont collaboré à l’extérmination de leur propre peuple en vue d’aider à la création d’un Etat sioniste, Israël, un Etat qui est lui-même raciste ».

Cette pièce défend l’idée complotiste que les dirigeants sionistes de l’époque avaient besoin des cadavres juifs, y compris d'un million de juifs hongrois, pour renforcer les arguments moraux en faveur de l'établissement d’un Etat juif après la guerre.

Après avoir été jouée en Écosse puis en Angleterre, la pièce a été abandonnée suite aux nombreuses protestations dont celles des historiens Martin Gilbert et David Cesarani qui avaient accusé la pièce de falsification historique et d’antisémitisme.

Loach, lui, préféra dénoncer les pressions de membres puissants de la communauté juive britannique. Il déclara au journal du Worker Revolutionary Party  qu’il « n’avait jamais eu affaire au lobby sioniste auparavant » et que « ce qui est stupéfiant c’est la force, l’organisation et le pouvoir de ce lobby ».

Article du Times

 

2. La Shoah a-t-elle existé?

Lors d’un Congrès du Parti Travailliste britannique dirigé par Jeremy Corbyn, la question de la réalité de la Shoah a été débattue. Face à la polémique suscitée par ce débat, il a été demandé à Ken Loach lors d’une interview de la BBC (à partir de 1'20'') si la Shoah était une réalité historique. Voici la réponse de Ken Loach: « la Shoah est un fait historique qui mérite d’être discuté ». Comme la plupart des négationnistes, il ne nie pas directement la Shoah. Il joue avec les mots et les lignes rouges. II se pare des habits de l’hypercriticisme propres aux négationnistes qui évoquent – tel Faurisson – le droit d’inventaire, du ‘droit légitime à s’interroger sur tout événement historique’. Et ce ne fut que sous la pression des media qu’il reconnut dans un tweet que la Shoah a bien existé 

Il y a donc bien eu reconnaissance – même si fort tardive -  de la réalité de la Shoah, fait sur lequel l’ULB insiste tant. Mais cette reconnaissance ne peut être isolée de la première réponse de Ken Loach à la question à savoir que « la Shoah est un fait historique qui mérite d’être discuté ». En disant cela, Ken Loach nous renvoie au point un de ce document : la Shoah est une réalité historique certes mais organisée notamment par les juifs eux-mêmes pour justifier la création de l’Etat d’Israël.

 

3. Ken Loach nie tout antisémitisme au Parti Travailliste.

Plus personne ne nie aujourd’hui que le Parti Travailliste de Jeremy Corbyn est traversé par un fort courant antisémite.

 Les événements de ces derniers jours devant le Parlement anglais en sont la dernière démonstration et Jeremy Corbyn lui-même commence à le reconnaitre.

Pas Ken Loach qui dans la même interview donnée à la BBC et citée plus haut jure ses grands dieux que jamais, au cours de ses nombreuses années passées au Parti Travailliste, il n’ a entendu le moindre propos antisémite.

Sources sur l’antisémitisme au Parti Travailliste

Reportage CNN 

The Guardian 

The Independant 

Daily Telegraph 

Ken Loach est-il antisémite ?

Ken Loach est-il négationniste ?

Les éléments sont sur la table et il appartient à chacun de juger si Ken Loach mérite de recevoir la plus belle distinction que l’Université Libre de Bruxelles décerne aux hommes et aux femmes qui représentent le meilleur de notre société ?

 

Ken Loach refuse de confamner le révisionisme

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KEN LOACH REFUSE DE CONDAMNER LE REVISIONISME 

Collectif « Ken Loach docteur honoris causa - Not in our name »

L’annonce faite par l’ULB de remettre les insignes de docteur honoris causa à Ken Loach a suscité les protestations de nombreuses organisations et personnalités juives et non-juives.

 

Pour comprendre ce qui est reproché à Ken Loach et ce qui le rend indigne d’être honoré par l’Université du Libre-Examen, il convient d’analyser ses déclarations regroupées en trois chapitres :

  • Ken Loach réécrit l’histoire en faisant porter la responsabilité de la déportation des 450000  juifs de Hongrie sur les leaders juifs de l’époque.
  • Ken Loach joue avec les mots et les lignes rouges quand il s’agit de reconnaître la réalité de la Shoah
  • Ken Loach nie toute présence d’antisémitisme au Parti Travailliste britannique contre une abondance de preuves contraires.

L’attribution des insignes de docteur honoris causa est un moment important dans la vie de l’université. Il honore des individus d’exception qui mettent en lumière les valeurs de l’institution. A l’Université Libre de Bruxelles, c’est aussi l’occasion de rassembler la communauté universitaire au-delà des opinions et sensibilités qui s’y expriment dans l’esprit du libre examen.

Ce 26 avril - nous nous en félicitons - notre alma mater va honorer l’ancienne Garde des Sceaux et ministre de la justice française Christiane Taubira, retenue pour ses combats en faveur de la diversité. Elle va honorer, conjointement, Siegi Hirsch, survivant d’Auschwitz, qui, sur la base de son expérience concentrationnaire, s’est fait l’artisan d’une remarquable méthode de thérapie familiale qui a transformé des générations de psychologues et Ahmet Insel, grand analyste et éditorialiste turc qui anima avec courage et persévérance les premiers groupes d’intellectuels turcs pour la reconnaissance par Ankara du génocide des Arméniens.

MAIS, au même moment, l’ULB retient un quatrième choix irrecevable.

Ken Loach est un réalisateur socialement engagé et talentueux. Nul ne le conteste. Mais il n’est malheureusement pas que cela et a aussi d’autres agendas qui sont, eux, déplorables et mensongers, notamment lorsqu’il falsifie l’histoire à des fins politiques.

Il prend prétexte de deux tentatives de dirigeants sionistes pour sauver des juifs allemands (1933) et hongrois (1944) promis à l’extermination, pour réinterpréter l’histoire de la Shoah sous un angle complotiste. Selon Ken Loach, les dirigeants sionistes seraient complices des nazis et coresponsables du génocide des juifs d’Europe et cela dans le but de construire un « Etat sioniste » en Palestine après-guerre. Leur plan aurait été d’apitoyer le monde avec les corps de millions d’hommes, de femmes et d’enfants juifs, pour tromper les Etats membres de l’Assemblée Générale des Nations Unies encore à créer, et parvenir à leurs fins: un Etat raciste juif spoliant la population palestinienne, principale victime de  cette machination!

Ce côté sombre de Ken Loach est explicité dans une pièce de théâtre « Perdition » de Jim Allen, réalisée par lui en 1987 et à laquelle il continue à se référer.

« Perdition » c’est une série d’interprétations malveillantes de faits réels (refus par les Anglais de la proposition d’Eichmann d’échanger un million de juifs hongrois contre 10.000 camions militaires, suivie par le rachat de 1600 juifs hongrois négociés avec le notable juif Kastner qui avait servi d’intermédiaire) et d’hypothèses farfelues.

Citons Ken Loach lui-même expliquant la genèse de son antisionisme en 2013 au New Internationalist: « Cela a commencé il y a quelques années quand j'ai participé à la création d'une pièce intitulée «Perdition». C'était une pièce de théâtre sur le sionisme pendant la Seconde Guerre Mondiale et sur l'accord conclu entre certains sionistes et les nazis. Il a apporté une nouvelle lumière sur la création d'Israël et la politique du sionisme. J'ai alors pris conscience que la fondation d'Israël était fondée sur un crime contre les Palestiniens. »

Et voici ce qu’en dit Jim Allen , l’auteur de la pièce« Perdition »:
« Sans humilité excessive, je dis que c’est l’attaque la plus létale jamais écrite contre le sionisme, car elle touche au coeur du mythe le plus durable de l’histoire moderne : l’Holocauste, le fait que des leaders juifs privilégiés ont collaboré à l’extermination de leur propre peuple en vue d’aider à la création d’un Etat sioniste, Israël, un Etat qui est lui-même raciste ».

L’université ne peut honorer un militant qui réécrit l’histoire pour servir sa cause.

Par ailleurs le 27 septembre dernier, le journal The Guardian avait dénoncé dans son éditorial l’attitude de déni de Ken Loach qui le conduit - nous citons- à « donner une légitimité fallacieuse à la négation de l’Holocauste ». Sous pression Ken Loach a reconnu par tweet l’existence indubitable de la Shoah mais n’a jamais renié l’idée mise en scène dans l’inexcusable « Perdition » d’une Shoah où les sionistes auraient une part certaine de responsabilité !

De plus, Ken Loach interrogé sur l’antisémitisme virulent qui traverse le parti travailliste britannique –parti dirigé par Jeremy Corbyn- dit n’en avoir jamais vu ni trace ni exemple. Là où 51% des électeurs du Labour consultés ces derniers jours reconnaissent l’urgence de lutter contre le fléau antisémite qui ronge leur parti, Loach n’y voit que complot des organisations juives à raison des affinités pro-palestiniennes de son ami et président de parti Corbyn. La cécité volontaire ne fait pas partie du libre examen et de la méthode scientifique !

Pire encore : il vient de déclarer en meeting de soutien à Corbyn à Bristol que les députés travaillistes qui avaient participé à une marche contre l’antisémitisme le 26 mars dernier devraient être poussés hors du parti travailliste, parce que critiques de leur parti. Avant à nouveau de prétendre que son propos fut mal interprété.

A l’heure où en Europe (voyez encore les événements récents en France) l’antisémitisme décomplexé rebat le pavé et souille la transmission mémorielle, l’ULB ne peut infliger cela ni à la Science ni à la Cité !

Au risque de son intégrité physique, Ahmet Insel s’est opposé au négationnisme d’Etat de la République turque et a reconnu le génocide des Arméniens. Quel est le sens de le faire doctor honoris causa et de rendre hommage à son humanisme si dans le même temps Ken Loach partage ce même honneur malgré ses propos révisionnistes?

Pour justifier son choix, l’ULB prétend n’honorer que l’œuvre et pas la totalité des combats de l’homme. C’est impossible. Les Honoris Causa récompensent l’individu cité en exemple et non telle oeuvre ou telle séquence. Ce ne sont ni les Magritte, ni les Césars académiques!

Vaincre les ténèbres par la science, telle est la devise et la méthode que nous a enseignée en son temps l’ULB .

Aujourd’hui elle désavoue cette méthode en honorant la contre-vérité. Fake history ? Au nom des valeurs universelles que nous chérissons, NOT IN OUR NAME!

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KEN LOACH NE DOIT PAS RECEVOIR LE TITRE DE DOCTEUR HONORIS CAUSA DE L’UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES